Apiculteur depuis cinq ans, Pierre Florian fait partie de ces professionnels passionnés qui ont choisi de s’impliquer activement dans le plan de sélection apicole à La Réunion. Avant de se consacrer pleinement à l’apiculture, Pierre Florian a exploré plusieurs métiers. Menuisier bois, agent de maintenance en bâtiment, carrossier peintre… un parcours riche et atypique qui l’a finalement conduit vers une activité qui fait aujourd’hui pleinement sens pour lui.
« L’essentiel est de trouver quelque chose qui me plaît réellement aujourd’hui. »
Engagé dans le plan de sélection du GDS depuis deux ans, Pierre Florian pratique l’insémination artificielle depuis quatre ans. Une avance technique qui lui permet de jouer un rôle clé au sein du dispositif.
Sa motivation est claire : travailler collectivement à la consolidation de la filière apicole réunionnaise, fragilisée par les enjeux sanitaires, notamment le varroa.
« La motivation c’est d’avoir une abeille locale productive, douce, qui tient au cadre, avec qui c’est agréable de travailler avec. Et de faire du miel ! Il ne faut pas l’oublier !»
Un travail collectif indispensable face au varroa
Pour le GDS l’objectif principal du plan de sélection est la résistance à varroa.
Pour Pierre Florian, l’amélioration de l’abeille réunionnaise et la lutte contre le varroa ne peut se faire qu’à travers un partenariat étroit entre les apiculteurs professionnels et le GDS.
« Le GDS sans les apiculteurs, c’est compliqué, et les apiculteurs sans le GDS, c’est compliqué aussi. On est obligés de travailler main dans la main. »
Le suivi des colonies, la collecte et l’analyse des données demandent du temps et de la rigueur. Le rôle du GDS permet aux apiculteurs de se concentrer sur leur cœur de métier tout en s’appuyant sur des données fiables pour orienter la sélection.
Au sein du plan de sélection, Pierre Florian se définit avant tout comme éleveur et inséminateur.
Depuis cinq ans, il développe son activité apicole avec une spécialisation marquée : l’élevage et l’insémination artificielle de reines, une compétence technique essentielle dans la sélection car elle permet de conserver les meilleures souches et de créer de nouvelles lignées performantes.
«Ma mission c’est inséminer. Car c’est ce que je fais de mieux.»
Le suivi des colonies est exigeant et demande un investissement important.
« Ce sont des années de travail et beaucoup de sacrifices. Il y a beaucoup d’échecs et pas beaucoup de bons résultats, il y a une petite partie de chance aussi.»
L’un des principaux bénéfices de sa participation au plan de sélection réside dans l’accès à des données structurées et exploitables.
« Sans relevé et analyse de données, on sélectionne à l’aveugle. C’est comme rouler sur l’autoroute sans lumière.»
Ces données permettent d’orienter les choix de sélection et d’éviter de travailler sans visibilité sur les résultats obtenus.
La participation au plan de sélection a également renforcé son exigence sur le plan sanitaire.
« Surtout sur le côté sanitaire, il faut être un peu plus à cheval sur l’observation.»
Dans un contexte marqué par l’arrivée de nouveaux dangers sanitaires, cette vigilance est devenue indispensable.
S’il encourage l’arrivée de nouveaux apiculteurs dans le plan de sélection, Pierre Florian insiste sur les exigences qu’il implique.
« C’est beaucoup de travail et d’investissement personnel, même en termes de budget aussi !»
Selon lui, le plan de sélection s’adresse avant tout à des apiculteurs professionnels expérimentés, capables de s’adapter et de réagir rapidement face aux aléas du vivant. En effet la sélection de colonies performantes rime souvent avec une grande quantité de pertes (production, reine, essaimage, …) et peu de résultats satisfaisants.
Pour Pierre Florian, la sélection apicole réunionnaise est encore jeune comparée à celle d’autres territoires comme la métropole, l’Espagne ou le Québec.
« On est sur la première marche, mais on est sur la bonne voie. La route est encore très longue. »
Son objectif personnel reste clair : stabiliser des souches productives, douces, rustiques et adaptées au territoire, avant d’envisager pleinement la sélection sur la résistance au varroa.
Fidèle à son pragmatisme et à sa passion, Pierre Florian conclut avec un message simple et essentiel :
« Faites du miel les gars ! Surtout prenez soin de vos abeilles tout simplement. N’oublions pas qu’on travaille avec du vivant et que sans elles on n’est rien.»







